TOUR DU VALAT

Centre de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes

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Mares temporaires

Une mare temporaire menacée d’envahissement par la végétation arbustive

Responsable : Christian PERENNOU (Voir le CV)

Equipe :

Philippe Chauvelon, Emilien Duborper, Dominique Felisiak, Perrine Gauthier, Christiane Jakob, Marc Pichaud, Mouhssine Rhazi, Alain Sandoz, Nicole Yavercovski


Les marais et mares temporaires méditerranéennes abritent une flore et une faune riche (en particulier invertébrés et amphibiens), avec des espèces adaptées aux assèchements annuels et aux fluctuations hydrologiques inter-annuelles. L’assèchement annuel joue un rôle fondamental dans le fonctionnement de ce type d’écosystème.
De 2001 à 2005, la Tour du Valat a mené à bien un programme intégré de recherche et de conservation sur les mares temporaires, orienté vers l’étude des populations d’espèces rares (en particulier des plantes amphibies) et de l’impact des facteurs socio-économiques. Un deuxième volet majeur concernait la gestion et la conservation concrète de sites.

Par des recherches scientifiques ainsi que des travaux plus appliqués, le projet avait pour objectifs :

  • une amélioration des connaissances sur les enjeux liées aux mares temporaires, la génétique et la dynamique des populations des mares temporaires (plantes, amphibiens), et la dynamique inter-annuelle de la végétation.
  • la gestion expérimentale de divers sites, accompagnée de suivis scientifiques : débroussaillement, pâturage/coupe, restauration de mare…
  • une meilleure protection sur le terrain d’un nombre conséquent de mares.

Au sommaire :


Problématique :

La petite taille des mares temporaires, leur distribution dispersée et leur mise en eau temporaire en font des milieux peu attractifs, dont la richesse passe trop souvent inaperçue. Ce faible intérêt renforce des menaces déjà très importantes :

  • destruction par comblement ou drainage à des fins agricoles ou urbanistiques,
  • dégradation par modification qualitative ou quantitative de l’hydrologie (gestion du bassin versant),
  • dégradation par évolution de la végétation défavorable : embroussaillement suite à l’abandon du pâturage au nord de la Méditerranée, surpâturage au sud…

Activités :

Le projet a permis d’établir :

  • un bilan des enjeux liées aux mares temporaires dans le bassin méditerranéen ;
  • de meilleures connaissances sur la génétique des petites populations fragmentées de plantes rares des mares temporaires (Marsilea strigosa) ;
  • des connaissances accrues sur la dynamique des populations de plantes rares des mares temporaires : Elatine brochoni au Maroc et Cressa cretica à la Tour du Valat ; et de certains amphibiens (Triton marbré Triturus marmoratus à Roque-Haute) ;
  • la dynamique inter-annuelle de la végétation des mares temporaires du Maroc.
  • des opérations multiples de gestion expérimentale accompagnée de suivis scientifiques : débroussaillement, pâturage/coupe, restauration de mare…

Au cours de ce programme, un important projet LIFE de protection et de gestion de divers sites a été réalisé dans le sud de la France, visant aussi à transférer les acquis auprès d’un large public : gestionnaires de sites (ONF, associations, Réserves naturelles…), élus, grand public… Ce projet LIFE a été conduit en 1999-2004, en partenariat avec un douzaine d’autres structures dans le sud de la France.
Le projet a très largement atteint ses objectifs, et permis les acquis suivants :

  • la maîtrise foncière de 85 ha, essentiellement en PACA (Plaine des Maures, Centre Var), complétée par la maîtrise d’usage de 3170 ha supplémentaires au travers de conventions de gestion. Sur l’un des sites (Valliguières), 98% du site Natura 2000 est ainsi maîtrisé ;
  • la mise au point des méthodes de gestion : débroussaillement, pâturage/coupe, restauration de mare…
  • Des actions de gestion encore plus diverses (enlèvement de déchets/ infrastructures, interventions administratives, arrachage d’espèces introduites…) permettant de stopper ou de freiner des menaces sur nombre de sites ;
  • Un constitution d’un réseau soudé d’opérateurs travaillant sur les 7 sites (et d’autres, au-delà);
  • La valorisation et l’application des résultats dans toute la Méditerranée promues au travers d’un Guide de gestion (2 tomes), d’une conférence internationale ayant rassemblé 9 pays, et de l’établissement de liens avec les porteurs de projets similaires en Crète, aux Baléares...
  • Les mares temporaires, qui auparavant n’attiraient guère l’attention des habitants locaux, des élus et même de certains gestionnaires sont désormais considérées comme un enjeu majeur, auquel s’adaptent désormais gestion forestière, lutte contre les incendies, révisions des Plans Locaux d’Urbanisme. Dans certains cas (ND Agenouillade) les riverains se sont même faits les gardiens de l’intégrité du site.
  • Dans chaque région, des centaines de personnes ont appris l’importance des mares au travers des très nombreux évènements et publications destinées tant au grand public qu’aux écoles, aux décideurs… Ainsi, un module pédagogique, des panneaux d’exposition, une plaquette etc. sont disponibles et téléchargeables. A l’échelle internationale, une résolution (http://www.ramsar.org/res/key_res_viii_33_f.pdf) spécifique de la Convention de Ramsar (http://www.ramsar.org/) a attiré l’attention sur les mares temporaires : l’Espagne a par la suite désigné plusieurs sites Ramsar en hébergeant, et la Corse un ;
  • Les opérateurs locaux LIFE ont gagné une compétence technique et une légitimité locale, qui leur a souvent permis d’être nommés comme opérateurs du Document d’Objectifs Natura 2000 ; tous les plans de gestion réalisés sous LIFE ont été validés comme Document d’objectifs. Le partenariat noué avec les municipalités a dans bien des cas permis de désamorcer localement, par une démonstration in situ, les craintes vis-à-vis de Natura 2000 qui dominaient ;
  • Un premier inventaire des mares temporaires méditerranéennes du sud de la France a été dressé (téléchargeable) : il en répertorie près d’un millier, qui sont globalement bien couvertes par le réseau Natura 2000 ;
  • De nombreuses autres initiatives « Mares temporaires » ont été lancées, spécialement en Corse: inventaires régionaux détaillés, protection sur d’autres sites…

Partenaires :


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