Responsable : Michel GAUTHIER - CLERC (Voir le CV)
Equipe :
A. Bechet - TdV, H. Daniel - Institut National d'Horticulture, J. Delord - Konrad Lorenz Institute for Evolution & Cognition, P. Degeorges - PROSES, Sciences Po, A. Fromageot - UMR PRODIG, R. Mathevet - CEFE-CNRS, S. Pavoine - MNHN, Paris
Les modes de gestion d'un territoire dépendent de ses usages, de ses représentations sociales, du contexte socio-économique et historique et des interactions avec les autres territoires. Les politiques actuelles de gestion de la biodiversité reposent plus souvent sur une biodiversité perçue que mesurée à l’aide d’indices unifiés et ces politiques ignorent trop souvent les interactions entre les usages exercés sur les espaces concernés. Notre proposition vise à mobiliser diverses disciplines (écologie, géographie, sociologie, modélisation multi-agents) afin d’étudier quels sont les effets des modes de gestion sur la biodiversité mesurée et la biodiversité perçue par les usagers et les non usagers des territoires. Nous utiliserons deux systèmes écologiques et sociaux présentant des modes de gestion variés et objet d’un multi-usages: un système de nature dite “ ordinaire ” et urbaine, les parcs urbains de la ville d'Angers, et un système de nature dite “ extraordinaire ” et rurale, le Grand Delta du Rhône. Nous développerons des indices de biodiversité ainsi que des indicateurs permettant de caractériser la variété des usages associés aux systèmes étudiés. Nous intègrerons ces indicateurs dans des modèles multi-agents permettant de confronter la coexistence des usages avec le maintien de la biodiversité et de la résilience des systèmes écologiques et sociaux considérés. La méthodologie utilisée tirera les enseignements des développements récents en économie politique et en modélisation d’accompagnement (companion modelling approach), et s’appuiera sur l’usage d’un modèle multi-agents permettant aux usagers de tester les conséquences de leur choix à la fois sur la biodiversité et sur les réactions des autres usagers selon une approche de co-apprentissage (co-learning approach). La démarche proposée est de nature à éclairer la décision publique sur le choix des méthodes et procédures pour répondre aux enjeux de protection et de développement durable des territoires. Elle doit également fournir aux acteurs impliqués localement dans leur gestion une voie pour rechercher un compromis dans la négociation sur les règles de gestion durable des écosystèmes, tenant compte des incertitudes scientifiques et des risques inhérents à leurs dynamiques. Plus largement, elle peut servir à établir les conditions d’une mise en œuvre négociée des politiques publiques d’urbanisme, d’environnement et de gestion des zones humides.
Les principaux objectifs du projet sont :