Les populations d’Oie cendrée d’Europe ont, pour la plupart, connu une expansion démographique importante au cours des dernières décennies. En Camargue et sur le marais du St-Seren en particulier jusqu’au début des années 80, moins d’une vingtaine d’oies hivernait chaque hiver sur le marais. Au milieu des années 90, environ 10 000 oies-jour par hiver étaient dénombrées pour aboutir à un niveau record de plus de 100 000 oies-jour au cours de l’hiver 2004-2005. La pression de pâturage exercée par les oies a été identifiée comme pouvant localement avoir un rôle important sur la dynamique des habitats, et plus particulièrement les marais à Scirpe. Sur le marais du St Seren la consommation de tubercules de Scirpes est estimée à 20 tonnes pour les cinq dernières saisons d’hivernage.
L'objectif du projet est d’identifier les principaux facteurs déterminant la capacité d’un marais à Scirpe (espèce clé dans les zones humides méditerranéennes) et de modéliser les variations de cette capacité d’accueil en fonction de différentes variables de gestion en particulier l’eau et le pâturage domestique.
Détermination de la capacité trophique d'un marais
Détermination de la capacité de résilience d’une espèce clonale à la prédation en relation avec le niveau et la nature de stress environnementaux (hauteur d’eau forte en automne et printemps, sécheresse en été, …)
Mise en évidence des mécanismes de facilitation en relation avec les mécanismes de résilience de la plante (oies - oies et herbivores domestiques - oies)
Réponse fonctionnelle des oies en alimentation à la nourriture : choix alimentaire en fonction de l’accessibilité de la ressource (niveau d’eau, taille vs nombre tubercules ; difficulté d’extraction)
Effet de seuil : capacités de résilience de la plante face à la prédation par les oies, en relation avec la gestion hydraulique et le pâturage par les herbivores domestiques
Modélisation des interactions herbivores sauvages/domestiques/ plantes/gestion hydraulique.
Problématique de conservation
Disponibilité et maintien de la capacité trophique des marais à Scirpus maritimus et à Puccinellia festuciformis
Place de l’herbivorie domestique lorsque la prédation par les herbivores sauvages est élevée
Conséquences trophiques de l’exploitation du milieu pour les autres anatidés.
Problématique économique/activités humaines
Espèce exploitée à forte valeur pour l'activité chasse
Espèce potentiellement en compétition avec les herbivores domestiques pour la ressource trophique et détérioration potentielle de milieux à fort intérêt pastoral
Espèce potentiellement capable d’investir les espaces agricoles.