La Camargue s'étend sur 145 300 ha, entre le golfe d'Aigues-Mortes et celui de Fos, sous la forme d'un delta triangulaire dont la mer représente la base sur 80 km de rivage sableux orienté est-ouest. Son artère centrale, le Rhône, se divise en deux branches : le grand Rhône qui draîne 85% des eaux et le petit Rhône, qui n'en draîne que 15% et qui tend à s'ensabler à son embouchure près des Saintes-Maries-de-la-Mer. Ces deux bras compartimentent la Camargue en trois secteurs :
Une faune sauvage souvent originale se maintient en Camargue malgré une agriculture intensive. Les vertébrés sont représentés par 75 espèces de poissons, 15 d'amphibiens, 6 de reptiles, 32 de mammifères et 398 d'oiseaux dont 111 espèces nicheuses régulières.
Sur les 4 700 espèces de plantes à fleurs recensées en France, il en existe plus de 1 000 en Camargue. Certaines espèces ont pu différencier au cours de l'évolution des adaptations originales les rendant dépendantes de leur environnement. D'autres sont des espèces très rares sur l'ensemble du territoire national ou européen. En Camargue, de grandes populations de plantes, rares ailleurs du fait d'isolements ou de la faible étendue de leurs habitats, se maintiennent sur de vastes surfaces. C'est la région de France où se trouvent les plus grandes populations de Cressa cretica, plante des mares temporaires, et de Bassia hirsuta, poussant sur les bordures d'étangs saumâtres.
D'abord limité par des conditions naturelles hostiles à toute implantation permanente de l'homme, la mise en valeur du delta fut initiée au Moyen-Age par les premiers travaux d'assainissement et de déboisement entrepris par des religieux. Les premières portions de digues contre la mer et le Rhône furent construites au XVIème et XVIIème siècles.
Jusqu'au XIXème siècle, le développement fut essentiellement agricole et localisé aux terrains les plus élevés de la Camargue fluvio-palustre (et notamment l'élevage d'ovins). L'exploitation à grande échelle des salins commença à la seconde moitié du XIXème siècle. La construction de digues devint systématique à partir de 1856. Le développement de la riziculture après la seconde guerre mondiale entraîna l'aménagement d'une vaste infrastructure hydraulique.
Aujourd'hui, le secteur tertiaire (tourisme, élevage à des fins touristiques) prend une importance croissante. L'agriculture s'intensifie (irrigation, produits phytosanitaires, charge pastorale, pression de chasse). Les terrains publics et urbains se densifient.