Revue : The Journal of Experimental Biology

Impacts of extreme climatic events on the energetics of long-lived vertebrates: The case of the Greater Flamingo facing cold spells in the Camargue

Auteurs :

A.-S. Deville, S. Labaude, J. P. Robin, A. Béchet, M. Gauthier-Clerc, W. Porter, M. Fitzpatrick, P. Mathewson, D. Grémillet *

Résumé :

La plupart des études analysant les effets des changements climatiques sur les populations d'animaux sauvages se focalisent sur des changements de température graduels, bien qu'il soit également important de comprendre les impacts des événements climatiques extrêmes. Nous avons étudié ici les conséquences de deux vagues de froid (janvier 1985 et février 2012) sur le métabolisme énergétique des flamants roses (Phoenicopterus roseus) en Camargue (sud de la France). Pour comprendre la cause des mortalités massives de flamants observées, nous avons dans un premier temps évalué les réserves énergétiques des flamants retrouvés morts en février 2012, et les avons comparées avec celles d'autres espèces d'oiseaux exposées à des vagues de froid et/ou des périodes de jeûne. Dans un second temps, nous avons évalué les besoins énergétiques mensuels des flamants sur la période 1980- 2012, à l'aide du modèle mécaniste NicheMapper. Nos résultats montrent que les masses lipidiques des flamants trouvés morts en 2012 correspondent à 2,6 % (±0.3) de leur masse totale, ce qui est comparable au niveau de lipide trouvé chez des  bécasses (Scolopax rusticola) mortes de faim durant une vague de froid (1,7 % ±0.1), et très inférieur au niveau mesuré chez des bécasses nourries durant le même épisode climatique (13,0 % ±2). De plus, NicheMapper prédit que les besoins énergétiques des flamants étaient au plus haut (+6-7%) durant les vagues de froid de 1985 et 2012, comparativement à des hivers « normaux ». Cette augmentation est en premier lieu causée par la baisse des températures de l’air. D'une façon générale, nos résultats suggèrent que les flamants sont morts de faim durant les deux vagues de froid. Cette étude démontre la pertinence de l'utilisation des modèles énergétiques mécanistes et des analyses des conditions corporelles afin de comprendre et prédire l'impact des événements climatiques extrêmes sur le bilan énergétique des animaux, et leurs probabilités de survie hivernale.

Référence bibliographique complète :

Anne-Sophie DEVILLE, Sophie LABAUDE, Jean-Patrice ROBIN, Arnaud BÉCHET, Michel GAUTHIER-CLERC, Warren PORTER, Megan FITZPATRICK, Paul MATHEWSON, DAVID GRÉMILLET *. Impacts of extreme climatic events on the energetics of long-lived vertebrates: The case of the Greater Flamingo facing cold spells in the Camargue. The Journal of Experimental Biology (2014, 217, 3700-3707 ; doi:10.1242/jeb.106344)

* Auteur correspondant : David Grémillet