Aucun insecticide ne garantissant un impact zéro sur les milieux naturels et une éradication totale de la nuisance, aussi est-il nécessaire d'envisager d'autres méthodes pour limiter cette nuisance.
Les moustiques concernés par les opérations de démoustication (Ochlerotatus caspius et O. detritus), anciennement appelés Aedes, pondent leurs œufs à la base de la végétation, dans de légères dépressions, sur sol sec ou humide. Seules les femelles sont responsables des piqûres, car le sang prélevé leur fournit les protéines nécessaires à la maturation des œufs Ces œufs peuvent attendre plusieurs semaines, voire quelques années, une mise en eau naturelle (causée par des précipitations et des coups de mer) ou artificielle (imputable à l'intervention humaine) qui amorcera le développement des larves menant à l'émergence synchronisée des adultes quelques jours plus tard. L'EID estime qu'environ 25 à 30 % de la production de moustiques découle de mises en eau artificielles (rizières et marais utilisés pour le pâturage, la chasse ou comme réserve de faune). Celles-ci ont souvent lieu en été, c'est-à-dire en pleine saison touristique alors que la nuisance causée par les moustiques est jugée maximale. Ainsi, une diminution non négligeable de la nuisance pourrait vraisemblablement être réalisée par simple modification des calendriers de mise en eau (date et fréquence). De même, le remodelage des berges des plans d'eau artificiels (rizières, marais de chasse) afin que leur pente soit verticale et sans végétation, pourrait permettre de réduire significativement et à faible coût la nuisance par diminution des sites de ponte potentiels.
Un nouveau type de piège qui attire et détruit les moustiques et autres insectes piqueurs (comme les arabies) est récemment apparu sur le marché. Destiné aux particuliers, ces pièges fonctionnent au gaz propane et sont apparemment sans odeur, propres et silencieux, ne dégageant pas plus de CO2 qu'un humain au repos. L'EID confirme le caractère très sélectif du piège, qui est normalement efficace dans un rayon de 25 à 65 m selon les modèles.
Ces deux alternatives sont intéressantes d'un point de vue écologique mais également économique compte tenu du coût élevé des méthodes par traitement insecticide. Ainsi, la démoustication au Bti du périmètre de Salin de Giraud coûterait à elle seule 997 000 € par année, selon une estimation de l'EID en 2005.